dimanche 3 octobre 2010

Paradise Lost - "One Second" (1997)


(Par Vlad Tepes)


Parution : Format : Label : Univers : Pays :
Juillet 1997 LP Music For Nations Rock Gothique Stylé Royaume-Uni


Paradise Lost - One Second (1997)
Track-list :

1) Say Just Words   YouTube
2) One Second   YouTube
3) Lydia
4) Mercy
5) Soul Courageous
6) Another Day
7) The Sufferer
8) This cold Life
9) Blood of Another
10) Disappear
11) Sane
12) Take me down

  • I Despair (digipack limité ; MFN, 1997)


Line-up :

Nick Holmes : Vocaux.
Gregor Mackintosh : Guitare lead.
Aaron Aedy : Guitare rythmique.
Stephen Edmondsson : Basse.
Lee Morris : Batterie.

Membres additionnels :

Gregor Mackintosh : Chœurs.
Sanko : Chœurs / Claviers / Samples / Programmations.
Stephan Brisland-Ferner : Violon / Cordes.


Nous sommes en 1997 : Paradise Lost demeure un groupe acclamé et reconnu comme l’un des plus importants d’alors. On pourrait presque dire que le groupe est à la mode, tant Draconian times a emballé tout le monde ! Autant dire que s’il avait voulu, le groupe aurait pu poursuivre dans cette voie et composer des albums de métal gothique racé. Mais la tournée de Draconian times fut longue, très longue même. Et Paradise Lost est un groupe qui se voit fatigué à l’issue de tout ça, voir même lassé du style qu’il pratique depuis 1993 maintenant. En effet, Icon et Draconian times sont deux faces du même style, et nos anglais ont pris l’habitude de faire évoluer continuellement leur musique. La lassitude les poussera à changer d’autant plus brutalement de direction musicale. En somme, leur situation peut tout à fait s’apparenter à celle de Radiohead après la sortie d’Ok computer. Car dans les deux cas, le trop grand succès médiatique risquait de faire engouffrer les deux groupes dans un style trop défini, et de les enfermer dans une démarche trop prévisible. Or les artistes doivent rester libres pour pouvoir créer, et être affranchis d’une trop grande pression de la part du public.


Revenons-en à Paradise Lost : 1997 va marquer leur plus grande prise de risque en termes de style, les faisant quitter la sphère du métal vers un rock que l’on pourrait qualifier de gothique. Beaucoup de fans purs et durs y ont vus une trahison, confondant par-là style et identité. Or, on peut tout à fait changer de style tout en conservant son identité profonde, et c’est ce qu’a réussi à faire Paradise Lost selon moi.

Car One second est un album superbement composé et très mélancolique (en somme, la ligne directrice de chaque opus du groupe). Mais la forme de cette mélancolie a bel et bien changé, ce qui ne fut pas la première fois de leur carrière, ce qu’ont oublié apparemment certains fans. Car Paradise Lost a déjà considérablement évolué de Gothic à Shades of God et de ce dernier à Icon


Là où les guitares semblent plus en retrait sur One second, l’émotion n’apparaît pas moins importante, et ce dès le titre éponyme. Il donne le ton : simple et touchant. Et dans le fond, ce sera là tout le propos de cet album, soit faire preuve de la plus grande sobriété tout en visant droit au cœur. "Hold back the tears that could fall for me"One second a en tous les cas le mérite de poser le ton dès le premier morceau, celui de cette permanente tristesse qui hante et définit la musique de Paradise Lost.

L’efficacité va tout de même prendre une certaine ampleur à travers des titres de pur rock gothique tels que "Soul courageous" ou "Blood of another", sans oublier le désormais aussi culte que classique "Say just words", brûlot clôturant chaque concert du groupe depuis 13 ans maintenant (et même encore aujourd’hui, il demeure difficile de s’en passer…). Et nous voyons bien là que les guitares sont loin d’être mortes et enterrées, mais utilisées d’une toute autre manière (à l’image de "Lydia" par exemple). Car après tant d’albums où les guitares s’imposaient dans le paysage musical de nos anglais, l’ensemble est amené à se rééquilibrer sur ce One second.


La voix de Nick Holmes va elle aussi changer radicalement de sonorités, de consort avec les guitares. Car ici, point de chant "métal" !! L’ensemble est pratiqué en chant clair, et l’on perçoit l’envie chez ce cher Nick d’être au plus près de l’émotion. Car le précédent mode d’expression avait sûrement atteint ses limites à ce niveau.

Le chant va véritablement atteindre des moments de bravoure sur One second bien sûr, mais d’autant plus sur le poignant "Disappear". Ce dernier va incorporer pour la première fois de légères orchestrations (ce qui va se perpétrer à travers bon nombre d’opus futurs), parfaitement intégrées à l’ensemble, faisant corps avec… pour sublimer une tristesse déjà à fleur de peau.


Mais alors, quid de l’héritage à la fois doom et gothique dans cet opus de Paradise Lost ? Et bien je dirais qu’il se distille par tous les pores pour ainsi dire. Les aspects gothiques vont s’exprimer essentiellement en termes de style, alors que le doom infiltrera préférentiellement les émotions véhiculées. Car un ensemble de morceaux expriment une tristesse pure, à travers un gris des plus manifestes : "Another day", "This cold life", et le très léthargique "Take me down" (clôturant parfaitement cet album).

J’avoue avoir une nette préférence pour l’ovni de l’album intitulé "The sufferer", pièce plus noire que le reste et jouant avec brio sur les contrastes. Une lumière rouge semble régner à son écoute, un visage dans la demi-pénombre, sortant tout à coup pour nous dévoiler ses larmes.


Seul reproche à faire à cet album : le côté un peu trop efficace parfois, et je pense là à "Mercy". Certes, c’est toujours un bon moment que de l’entendre en live, mais il constitue pour moi une certaine baisse de niveau dans la globalité de l’album (et l’absence de batterie n’y est pas pour rien !). Le même reproche est à adresser à "I despair", même si bien plus organique que "Mercy".

Mais au final, nous retiendrons de cet album un remarquable travail d’écriture, à l’image de tout ce qu’avait pu écrire le groupe auparavant. Mais là, Paradise Lost montre d’une très belle manière comment le groupe sait se renouveler au gré des styles, donnant à son art tous les visages qu’il mérite.
Mais l’audace était loin d’avoir dit son dernier mot…


Mai 2010,
Rédigée par Vlad Tepes.


Paradise Lost





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