vendredi 22 juin 2012

Marilyn Manson / Binary - Live Paris (05/06/2012)



Marilyn Manson / Binary

Jouissif !!

(par Vlad Tepes)




"Hey, cruel world…" tour.
Moment : 05/06/12.
Lieu : Le Zénith (Paris 19ème).



Marilyn Manson @ Le Zénith, Paris 05/06/2012



Votre serviteur a une histoire très particulière avec le Révérend, j’ai nommé Marilyn Manson. L’ayant découvert en 1996, je suis littéralement tombé dans l’admiration d’un brillant "Mechanical animals" (1998) pour ensuite le délaisser jusqu’en 2007 avant de découvrir le controversé mais à mes yeux profond "Eat me, drink me". L’ayant vu à deux reprises sur scène mais à des périodes si différentes (en 1998 puis 2009), je ne savais pas véritablement à quoi m’attendre pour ce concert parisien. Le seul point de repère est bien évidemment le dernier opus en date, "Born villain" (2012). Toutefois, une légère appréhension s’était créée en moi suite au visionnage d’extraits de la présente tournée lors des premiers shows américains.

Me voici dans un Zénith très largement rempli et me trouve une place décentrée par rapport à la scène. En effet, mon objectif est d’éviter la fosse mansonienne, qui par expérience est toujours trop agitée à mon goût !





I. Binary : Quand le sommeil vous envahit

Avant la grand messe du Révérend, un petit groupe anglais investit la scène du Zénith : Binary. Pratiquant un rock plutôt atmosphérique, le ton est foncièrement décalé par rapport au ton de la tête d’affiche, ce qui n’est pas forcément préjudiciable. Mais dans le cas présent, la mayonnaise ne prend pas me concernant, leur musique me laissant froid. Il ne s’y passe pas grand-chose je dois bien l’avouer, et le tout me parait bien trop convenu. En effet, dans ce registre du rock atmosphérique, je demeure très exigeant de par mes goûts islandais (Sigur Ros, pour ne pas les citer !).


Binary @ Le Zénith, Paris 05/06/2012


C’est donc avec un certain soulagement que je vivrais la fin de leur set !






II. Marilyn Manson : Quand fièvre et furie pervertissent !!!



Marilyn Manson @ Le Zénith, Paris 05/06/2012


Fort heureusement, Mr Manson ne mettra pas longtemps à venir investir la scène. Le rideau dressé, le thème de Suspiria (film de Dario Argento) résonne et me met en appétit. Nous devinons la silhouette des musiciens, alors que le Zénith entier trépigne d’apercevoir le Révérend…

Rapidement, le rideau chute alors que les premiers sons de Hey, cruel world… se font entendre, comme vous pouvez le constater sur cette première vidéo :




Les notes glauques de guitare s’extirpent du silence, alors que les décibels éclatent soudainement ! Le ton est assez sévère, et le son appuyé. Le Révérend va faire preuve d’une assez grande virulence, éructant autant qu’il le peut dès le début du morceau (montant assez haut dans les aigus !). Marilyn nous gratifiera ici de hurlements assez démentiels et tout sauf consensuels, se couplant assez bien avec un look thrash et quelque peu old-school. Le morceau va se dérouler dans une fièvre évidente, nous mettant de manière franche dans l’ambiance de ce soir : le Révérend semble vouloir en découdre avec Paris. Voilà donc une excellente entrée en matière, doublée du fait que Hey, cruel world… est un de mes morceaux favoris dans ce dernier opus.


Marilyn Manson @ Le Zénith, Paris 05/06/2012


Disposable teens prendra la suite des hostilités avec sa rythmique imparable. Autant dire que la fosse commençait très largement à s’énerver ! Même si je ne l’ai jamais considéré comme un morceau culte, il faut dire qu’il fait mouche ce soir-là, à ma plus grande surprise d’ailleurs.

The love song suivra, me laissant froid par contre. C’est peut-être d’ailleurs le seul instant de ce concert où je n’aurais pas été réceptif.


Marilyn Manson @ Le Zénith, Paris 05/06/2012


Mais fort heureusement, le Révérend en revint à son nouvel opus avec le single No reflection. Sortant pour l’occasion le fameux couteau lui servant de micro, il nous délivrera un morceau bougrement efficace et passant fort bien l’épreuve du live, comme vous pouvez l’entendre ici :




Malgré quelques soucis techniques (satané couteau !), cela n’entachera pas l’interprétation assez fidèle par rapport à la version studio. En effet, Manson assure le show, arpentant la scène comme un beau diable, porté par l’imparable rythmique. Allègrement repris en chœur par l’audience (ceci faisant quelque peu office de loi ce soir…), il aurait été bien compliqué de ne pas se laisser happer (en atteste mon euphorie sur le début de la vidéo…).

Inévitable dans une set-list du Révérend, mOBSCENE déboule à vivre allure. Certes très efficace, je reste quand même assez peu client de ce morceau (même si je me suis tout de même pris en jeu du refrain). Malgré tout, j’avoue avoir pris bien plus de plaisir que par le passé à l’entendre. La preuve est donc que tout peut évoluer en termes de mélomanie !


A ce stade du show, un petit retour en arrière s’impose, en 1998 plus précisément. Marilyn porte des lunettes de star internationale, à la grotesquerie assumée et au propos clairement ironique : The dope show en est l’illustration logique…




Fidèle à la version originale, quel plaisir Manson nous offre avec ce rock racé et funky. Totalement à l’aise dans le personnage qu’il incarne, le Révérend est ici parfaitement à sa place en tant qu’artiste à mon sens. De plus, le Révérend prend plaisir à en faire des tonnes (quel magnifique boa rose !), déambulant de manière grossière et faisant même un petit saut de lapin ! A l’image d’un morceau à l’allure faussement légère… A noter également l’excellent jeu de Twiggy au cours du final.






Bien que j’aurai très largement souhaité un autre extrait de "Mechanical animals", Manson décide d’y intercaler Slo-mo-tion (issu du dernier opus en date). Je comprends guère peu ce choix car il s’agit d’un morceau sans saveur au sein de "Born villain" (bien qu’en ayant un peu plus sur scène). Pour moi la pression sera quelque peu retombée à ce moment du show, mais remontera très largement avec l’exécution d’un des "tubes" absolus du Révérend. Car si je vous dis que le rock s’est suicidé, à quoi pensez-vous ?... Rock is dead bien entendu ! Malgré le fait que ce soit un titre entendu des milliards de fois, la mayonnaise prend une fois de plus et à ma grande surprise d’ailleurs. En effet, c’est toute une fosse qui prend une humeur sautillante, à l’image d’un refrain toujours imparable. Il y a ainsi des morceaux que l’on jugerait trop faciles et trop directs pour tenir la longueur, mais Rock is dead (à l’image du Say just words de Paradise Lost) semble s’inscrire durablement dans le temps et les mémoires.


Marilyn Manson @ Le Zénith, Paris 05/06/2012


Poursuivant dans l’efficacité, le Révérend va une fois de plus me surprendre en me faisant apprécier au plus haut sa cover de Depeche Mode, Personal Jesus. Bien qu’adorant la version originale, j’ai toujours eu tendance à qualifier la version mansonienne d’accessoire voir d’inutile. Et bien ce soir-là au Zénith, je me suis une fois de plus laissé prendre par une cover certes peu aventurière mais pourtant assez stylée. Juste après Rock is dead, Personal Jesus a permis de rester dans l’efficacité mais de manière plus posée.


Le Révérend changea de cap en revenant au contrasté "Born villain", avec un morceau des plus étranges : Pistol whipped.




En effet, sous des allures d’efficacité et de simplicité il a bien plus à offrir. Et j’avoue que l’interprétation live m’aura permis de bien plus m’y plonger. Certes rythmiquement le morceau est entrainant, mais les nombreux détails sont essentiels pour circonscrire son univers. En effet, les guitares apportent un aspect décalé et parfois dissonant, apportant une ambiance peu évidente à l’arrivée. D’ailleurs, Mr Manson a pris lui aussi une guitare pour y apporter son toucher, ma foi fort intéressant. Nous trouvons dans ce morceau le même aspect désinvolte que dans The dope show par exemple, avec cette légèreté qui n’en est pas. A la fois efficace et ambiancé, Pistol whipped fut un excellent moment du concert, mettant parfaitement en valeur "Born villain".


Marilyn Manson @ Le Zénith, Paris 05/06/2012


A ce stade du concert, un album culte de Marilyn Manson apparaît toujours aux abonnés absents… "Antichrist superstar". Bien que ce ne soit pas un opus ayant marqué mon cœur (contrairement à un "Mechanical animals" inspiré et un "Eat me, drink me" délicieusement désespéré), cela ne pouvait durer plus longtemps. A ce titre, à partir de ce stade du show, c’est le seul et unique album qui sera interprété, pour la plus grande joie de l’audience. Surgit alors Tourniquet, morceau que j’ai toujours trouvé très ennuyeux en studio. A ma grande surprise (une fois de plus me rétorquerez-vous), j’ai passé un excellent moment. Sans crier au génie, je reconnais qu’il se passe quelque chose en live et que la scène apporte un certain relief à ce Tourniquet. Etonnant !

Continuant dans les incontournables, le Révérend n’a pas eu à nommer le morceau suivant, se contentant de la formule : « We hate love, we love hate »…




Violent et sans compromis, Irresponsible hate anthem fut aussi direct qu’impactant, véritable boulet de canon ne pouvant manquer sa cible. Cela doit marcher à chaque fois je pense !


En véritables montagnes russes, le rythme allait ralentir aussi rapidement qu’il avait grimpé. C’est assez drôle d’ailleurs, mais une atmosphère malfaisante semblait s’emparer du Zénith : Sweet dreams fait son entrée. Là aussi, nous avons affaire à un véritable "tube", au sens où il est quasi impossible de ne pas succomber au charme malsain de cette cover devenue mythique (tout comme emblématique de la renommée actuelle de Marilyn Manson). Je ne me souviens pas précisément des détails de l’interprétation, mais je peux dire que le Révérend a su donner vie au morceau, sans sombrer dans la routine (ce qui aurait été pourtant compréhensible).


Marilyn Manson @ Le Zénith, Paris 05/06/2012


Le Révérend quitte la scène et fuit quelques instants la cohue de la salle. Les lumières restent éteintes, nous laissant plongés dans le noir le plus absolu. Toutefois, quelques flashs nous permettent de distinguer la présence du fameux podium mansonien faisant ironie de la dictature. Voici ma longue vidéo retraçant à la fois cette furieuse attente, ainsi que l’interprétation d’Antichrist superstar :




Au bout de longues minutes, les lumières renaissent alors que le Révérend s’installe sur son podium de dictateur déchéant. Une bible à la main (il la déchirera excessivement vite ce soir-là d’ailleurs !), il entame son discours décadent, appuyé par un public en transe. Alternant mimiques grossières (ce qui m’a rappelé certains films muets dont le nom m’échappe) et déambulations de pantin, je trouve que Manson a su mettre toute la hargne nécessaire à ce morceau, m’apparaissant très en forme d’ailleurs (bien plus que je ne l’imaginais d’ailleurs). De plus, son attitude m’est apparue comme véritablement déglinguée et serpentine, donnant énormément de consistance et d’impact à ce Antichrist superstar irrésistible et oh combien crédible pour son ancienneté ! Une fois de plus je fus très surpris. En effet, je ne me suis jamais prosterné devant ce morceau (étant trop proche d’un Nine Inch Nails en studio), mais sur scène il se passe véritablement quelque chose… il faudrait même être aveugle pour prétendre le contraire.

En grande logique, le concert s’acheva sur l’électrique The beautiful people qui mit la salle en transe ! Littéralement déchainé, le Révérend embarqua la salle avec lui pour cet excellent instant de rage absolue !



Marilyn Manson @ Le Zénith, Paris 05/06/2012


Je dois dire que j’ai adoré ce concert mansonien, possédant toute la rage requise pour exprimer son univers. Il aura su donner un aspect décadent et assez thrash à son interprétation, ne recherchant ainsi pas la justesse absolue. J’entends déjà les critiques au loin, scandant en reproche que ses hurlements ne sont pas aussi puissants que 15 ans en arrière. Cela est évident mais peu importe, car l’essentiel est que les choses soient faites avec sincérité.

Contrairement à d’autres, je ne perçois pas ce nouvel album ainsi que cette tournée comme le retour de Marilyn Manson, ce dernier n’étant jamais réellement parti selon moi. Même si ″The high end of low″ était un opus franchement moyen, Manson aura toujours su s’incarner sur scène, à sa manière bien entendu. En effet, il se présente comme une rock-star, ironisant sur les absurdités de ce rôle qu’il aime tant jouer.

Epuisé, je regagnais la sortie du Zénith, alors qu’y résonnait You’re so vain, me donnant une furieuse envie de poursuivre un concert malheureusement achevé…






Set-list Marilyn Manson :

1) “Suspiria” theme
2) Hey, cruel world…
3) Disposable teens
4) The love song
5) No reflection
6) mOBSCENE
7) Coma black (intro) / The dope show
8) Slo-mo-tion
9) Rock is dead
10) Personal Jesus (Depeche Mode cover)
11) Pistol whipped
12) Tourniquet
13) Irresponsible hate anthem
14) Sweet dreams (Eurythmics cover)


Encore :

15) Antichrist superstar
16) The beautiful people



Juin 2012,
Rédigé par Vlad Tepes.



Marilyn Manson @ Le Zénith, Paris 05/06/2012



2 commentaires:

  1. "J’entends déjà les critiques au loin, scandant en reproche que ses hurlements ne sont pas aussi puissants que 15 ans en arrière. Cela est évident mais peu importe, car l’essentiel est que les choses soient faites avec sincérité."
    Je suis tout à fait d'accord avec toi, mon cher Vlad.

    Tout d'abord, c'est un bon live report avec un vocabulaire toujours chantant qui me fait dévaler les mots sans ennui.

    Je n'ai pas pu regarder les vidéos avec le son trop fort ça grésillait trop mais de ce que je peux en voir, je me serai passablement ennuyé à ce concert.
    A mon avis, son podium et sa Bible il ne devrait plus l'utiliser, on sent ici combien c'est faux, "pour faire plaisir aux fans". Moi je sent en lui tout le long des vidéos une sorte de ras-le-bol, plus encore qu'aux concerts que j'ai fait à Bercy en 2003 et 2005 où cela allait crescendo.

    Je n'adhère décidément plus au Manson d'aujourd'hui, sans parler de la puissance de sa voix. Je préfère m'arrêter là où je l'ai laissé, à Golden Age Of Grotesque, quand il n'avait pas encore franchit la limite du ridicule.

    Merci pour ce report en tout cas !!

    Lucy

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    Réponses
    1. Nous arrivons quand même parfois à nous comprendre sur ce sujet polémique du Révérend !

      Comme tu t'en doutes, je ne suis pas d'accord avec toi sur "Antichrist superstar". Par rapport à 1998 ce n'est plus du tout interprété de la même manière, et le dictateur fou de 98 a laissé place au décadent torturé de 2012. Je n'ai pas ressenti de fausseté dans son interprétation, et ce tout le long du concert. Car le fait que le Mr vieillisse est un paramètre essentiel à prendre en compte, et je peux tout à fait comprendre qu'il ne se présente plus du tout de la même manière. Ce qui m'aurait profondément dérangé, c'est bel et bien si Manson avait cherché à auto-plagier son antique période, ce qui à mon sens n'a pas du tout été le cas.
      Manson apparait pour moi plus torturé que jamais dans cette tournée 2012, et j'aime ce côté épuré et presque sobre. Vous savez bien chère dame que je n'aime pas le Manson qui sort tout l'attirail scénique...

      Merci pour vos compliment chère Lucy, je sais que vous le pensez malgré votre rejet grandissant du Révérend...

      Vlad

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