Fenriz… confessions of the Wolf
(par Vlad Tepes / Gwenn / Bloodhound)
Click here for English Version :
(par Vlad Tepes / Gwenn / Bloodhound)
Click here for English Version :
Darkthrone reste
un groupe majeur dans le champ du black metal, et en l’occurrence du black
metal norvégien, l’ayant marqué de son sceau pour l’éternité. Tout le monde en
est d’accord. Mais Darkthrone est
également une entité musicale libre, explorant et se ré-explorant : nous y
trouvons une perpétuelle dynamique, et ce n’est pas le dernier album "The Underground Resistance" qui
viendra déclarer le contraire.
Ainsi
trois fantômes sont sortis de la brume – Vlad, Gwenn et Bloodhound – pour
rencontrer le loup qu’est Fenriz. Il nous parle du passé et du présent de l’énigmatique
Darkthrone…
I. Join the resistance…
Psychopathia Melomania : Tout le monde a maintenant
accès à ce nouvel album de Darkthrone. Comme tu le sais il était très attendu
pour les raisons que l’on connait (popularité, originalité, histoire du groupe,
…). Nous sommes curieux de savoir comment vous travaillez votre musique maintenant
avec Nocturno Culto. Soit naturellement au feeling comme nous nous attendrions
à le lire, ou bien en rapport avec toute votre carrière en cours.
Notre question est la
suivante : que signifient pour toi cet album et surtout le titre qui
l’encadre ?
Fenriz
: Nous travaillons vraiment séparément. Nous ne nous rencontrons (quand nous
avons chacun une chanson de prête) que pour installer le studio et apprendre
rapidement les chansons pour ensuite immédiatement commencer à enregistrer. Le
jour suivant je rentre chez moi et Ted (NDLR
: aka Nocturno Culto) retourne chez lui, commence à mixer et enregistrer
éventuellement sa basse et ses vocaux. Nous pratiquons ainsi depuis 2005. Les
derniers albums sont donc des rassemblements d’un tas de singles, autrement
dit, quand ils ont atteint une durée totale de 37-42 minutes. Donc nous
travaillons TRES différemment de beaucoup d’autres groupes, ces cinq derniers
albums.
Le
titre a déjà été expliqué dans quasiment chacune des 91 interviews réalisées
jusqu’à présent pour cet album : la résistance underground représente ceux
qui luttent pour les jours où les instruments étaient autorisés à sonner comme
de vrais instruments, la basse étant dans la grosse caisse et non retirée comme
dans la plupart des enregistrements metal modernes depuis les années 80 et
ainsi de suite. Et ceux qui se souviendront toujours des racines du heavy metal
et ceux qui ont une attitude underground – soit être obsédé par la musique au
lieu d’un consumérisme stupide. Ceux qui CHERCHENT à toujours se retrouver dans
l’underground et acquièrent une mentalité underground.
P.M. : La référence à Celtic Frost
est évidente sur Come Warfare, The entire
Doom. Ceci dit c’est plutôt la multiplicité des influences qui nous a
marquée dans cet album. Il fonctionne chez nous comme une sorte de
rétrospective de tout ce qui vous a fait marcher jusque-là… de Bathory à
Satyricon, du thrash au folk, de Candlemass à Storm. En ce sens, le titre Valkyrie est d’ailleurs très parlant
avec la nostalgie qui s’en dégage.
La maturité musicale chez
Darkthrone est telle qu’on vous sent tous les deux jouer avec les notes comme
vous respirez : est-ce le signe d’une fin de carrière et si non…
Darkthrone continuera-t-il son évolution artistique ?
Fenriz
: S’agit-il d’une référence aux paroles ? Il s’agit d’une chanson de Ted mais
je n’y entends aucune influence de Celtic Frost, toutefois deux des riffs sur Leave no cross unturned proviennent du
style de Celtic Frost de 1985 et 1984. Nous avons quasiment toujours eu des
riffs de Celtic, c’est un des groupes qui m’ont fait démarrer mon propre groupe
au Noël 1986 ! Plus tard Satyricon a lui aussi commencé à le faire, mais
je pense qu’il s’agisse surtout du vieux Satyricon, et je n’écoute plus le
groupe aujourd’hui. Je n’entends absolument PAS de Bathory sur les derniers
albums de Darkthrone, mais si vous en entendez tant mieux pour vous hé
hé ! Le début de Come warfare
est un riff provenant surtout du premier album de Candlemass, du moins pour mes
oreilles. S’agissant de mes chansons, j’ai expliqué ce que je pensais :
elles en sont influencées de très près dans le livret de l’album, et concernant
Valkyrie le refrain m’est venu au
printemps 2010. Les premières notes, le premier riff, est venu dans ma tête en
septembre 2011 et puis j’ai dû le réarranger car dans ma tête il sonnait comme The ides of march du Iron Maiden de 1981
et donc j’y ai mis l’idée d’un peu de guitare acoustique à la place et un
dynamisme de guitare rythmique rappelant Gypsy
d’Uriah Heep en 1970. Ensuite le riff du couplet devait être écrit et il
s’agissait plutôt de speed metal scandinave du début des années 80. Les lignes
vocales également, j’ai improvisé pas mal de couplets mais je voulais faire le
beau style de speed metal de cette époque, donc…
Je
pense que vous avez raison sur le fait que l’album soit une rétrospective, mais
cela n’a jamais été prévu en ce sens, du fait que nous ne parlions jamais à
l’avance ou même après de nos chansons et ne faisons aucun plan. Ce qui doit
arriver arrive, pour citer le LP de Griffin de 1972 (rare).
II. In
blackness we trust…
P.M. : De par de nombreux
changements de style, Darkthrone aura véritablement mis à mal son
"public". Et l’évolution de ces dernières années (schématiquement
depuis "The cult is alive")
aura été ce qui aura été vécu le plus brutalement par vos amateurs.
Que penses-tu de ceux qui ne
reconnaissent plus Darkthrone dans vos derniers albums, voire ceux qui iraient
jusqu’à renier la filiation entre par exemple "Under a funeral moon" et "Circle the wagons" ?
Fenriz
: Nous avons pris un MAXIMUM de risques plusieurs fois dans notre carrière.
Mais cela dépend de la façon dont tu le perçois. Nous faisons ce que nous
voulons et en avons besoin. Si nous ne le faisions pas, nous y risquerions
notre INTEGRITE à la place. Peut-être qu’uniquement faire quelque chose de
connu plairait à un certain type d’audience et permettrait de faire de l’argent
facile. Rien à foutre. L’idée de renier Darkthrone a déjà commencé à venir à
moi après que nous ayons évolué vers le death metal en 91 et surtout quand j’ai
commencé à refaire pas mal d’interviews en 98 et 99, quand les gens déclaraient
que seul "Transilvanian Hunger"
était bon. Nous avions déjà commencé à nous affranchir sur "Hate Them" en 2002, je pense que ce
qui s’est passé quand nous avons eu notre propre studio portable en 2005 s’est
juste impulsé avant. Je pense que nous avons en permanence changé, je pense que
la différence entre A Blaze in the
Northern Sky", "Under a
Funeral Moon" et "Transilvanian
Hunger" est très claire mais certaines personnes, nous regardant de
l’extérieur (nous savons à quoi ressemble l’intérieur de la cabine de
Darkthrone, les autres regardent de l’extérieur et nous essayons d’en expliquer
l’intérieur) ne semblent pas voir les changements.. ou ils le perçoivent en
termes d’albums, et pas en chansons. Mais pour nous ça change en permanence,
nous ne pensons pas vraiment en termes d’albums, c’est uniquement chanson par
chanson pour nous. Les gens peuvent penser ce qu’ils veulent, tout comme nous
pensons ce que nous voulons. Nous avons des fans de tous les styles que nous
avons pratiqués.
P.M. : De “A blaze in the northern sky” à “Transilvanian
hunger”, il y a cette volonté délibérée de déstructurer à la fois votre
production tout comme les compositions elles-mêmes en les épurant à l’extrême.
Il nous semble retrouver cette même volonté de "The cult is alive" à "Circle
the wagons"/"The
underground resistance".
Malgré que ce soient deux
époques clairement distinctes, y a-t-il cette même dynamique ? Peut-on y
voir une perpétuelle quête de retour aux sources ?
Fenriz
: C’est plus comme si nous avions grandi dans les années 70
et écouté des sons heavy de la fin des années 60 et années 70 et dans le même
temps des sons plus métallisés des années 80. Nous aimons aussi des groupes
plus récents pratiquant ces styles. Durant toutes ces années il y a tant de
styles à jouer et nous avons toujours donné l’impression de nous y déplacer
constamment entre eux. Disons que j’ai fait beaucoup de riffs du Hellhammer de
1983 et maintenant j’en fais beaucoup de heavy/speed metal de 1983, le
résultat final est très différent mais c’est toujours le style de 1983 !! Il
s’agit donc de notre terrain de chasse, de toute évidence l’inspiration vient
de ces temps-là. Et toujours de vieux groupes à découvrir, ou de nouveaux
groupes jouant ce vieux style. Du fait que nous n’en discutions pas, juste
faire, nous n’ESSAYONS pas vraiment de faire quoi que ce soit, et donc toute
déconstruction n’est que pure coïncidence et c’est à vous et à d’autres
d’analyser. Mais je réalise que cela doit être exténuant de ne pas en parler ou
de planifier ces choses, nous envoyons juste valser tout ça. Sentiment venant
du cœur et sentiment venant des tripes, je suppose.
Sur le
fait de revenir aux sources dans mes chansons, je peux semer ensemble différents
styles bien mieux qu’en 1988, donc tout fonctionne mieux aujourd’hui. A
l’époque j’avais pas mal d’idées, j’aimais les mêmes notes tout comme
aujourd’hui. A la fois sinistre et beau, mais j’étais manifestement plus
mauvais pour mélanger ces éléments, j’étais inexpérimenté et juste un gosse. En
1989 j’ai dû lâcher mon style et y inclure les autres, et cela en a fait un
meilleur groupe. Ensuite tellement de choses ont changé au fil des années et
j’aurai pu revenir à petits pas en 1988 avec de nouveaux points de vue sur les
derniers albums.
P.M. : Darkthrone est passé du death
metal au black metal (ce qui a introduit la notion de "True Norwegian
Black Metal"), ce qui aura causé un véritable culte de vos personnalités à
toi et Nocturno Culto.
Es-tu fatigué
de ce statut de légende vivante qui aura radicalement changé avec
(paradoxalement par rapport à son titre…) "The cult is alive" ?
Fenriz : Et bien je
viens des années 80 quand le black metal n’était pas profilé ou catalogué et
Mercyful Fate était aussi du black metal tout comme Bathory et bien d’autres…
et donc il y a des parties du nouveau Darkthrone qui ont toujours un feeling
BM. Et donc nous sommes toujours là, en un sens.
Ce statut est juste un de mes statuts, il n’y a rien
d’absolu dans ce monde. Beaucoup de personnes aiment rêver de choses absolues.
Mais ce n’est pas réaliste. Nous sommes complexes en tant qu’humains, et au
travers des années les personnalités se laissent plus d’ESPACE pour savourer.
Et je savoure pas mal. Etre JUSTE perçu comme le « BM FENRIZ » est à
la fois faux et non-réaliste mais il y a encore plein de gens qui veulent que
je ne sois que ça. Ce n’est pas juste, et je ne sais pas vraiment pourquoi les
humains se raccrochent à des idées simplistes comme ça alors qu’ils le savent
eux-mêmes – ils ne sont pas uniquement UNE chose à la fois. Mais ce sont les
médias qui font souvent ça, quand tu t’exposes en tant que personnage public
les gens aiment penser que tu es CE mec-là – n’étant que CA. C’est donc le prix
à payer pour faire quelque chose en ce monde. Insensé. Paradoxal. Ironique.
P.M. : Le tryptique "A blaze in the northern sky"/"Under a funeral moon"/"Transilvanian hunger" est considéré
comme la partie la plus culte de votre riche discographie, une référence absolue
1000 fois copiée, jamais égalée.
Y a-t-il selon toi un groupe
qui aujourd’hui a su en saisir l’essence et repris le flambeau (jeu de mots
involontaires) ?
Fenriz
: Il y en a plein tout le temps, mais comme je l’ai dit ces albums sont très différents.
"Transilvanian Hunger"
monotone, "Under a Funeral Moon"
notre seul album de black metal "total" avec essentiellement des
influences années 80 et aussi du "Live
in Leipzig" (nous l’avons eu en cassette aussitôt qu’ils y ont joué,
le LP est arrivé plusieurs années après). Et "A Blaze…" contient une moitié de titres de death metal qui ont
été "blackisés" en raison du peu de temps pour écrire un album
complet de BM.
Il y a
donc beaucoup de groupes. J’ai toujours pensé que TANGORODRIM était le meilleur
à avoir CAPTE l’essence BM de Darkthrone, RUST de Suède également dont le LP “Damned hellish voids” est excellent,
mais aussi a pas mal d’Aura Noir… et puis NECROHELL de Grèce sont excellents
vis-à-vis de notre son mais a moins cet aspect cru et peut-être plus de feeling
à la "Transilvanian Hunger".
Bien sûr tous ces groupes ont un son ORGANIQUE comme nous pouvons l’avoir.
P.M. : Nous avons remarqué que la
majorité des artistes et des gens qui travaillent ardemment autour du black metal
ont une vie très saine à côté, mais s’inspirent de choses brûlantes très
intérieures. Est-ce ton cas ?
Fenriz
: J’ai toujours pensé qu’il s’agissait plutôt du contraire, bien entendu
travailler dur mais aussi s’amuser à fond. Notre période BM avec Zephirous
était elle aussi totale et un gâchis sans fin. Mais ça n’a duré que quelques
années, vers la fin de 90 jusqu’à la moitié/fin de 92, et puis Ted et Zeph se
sont BEAUCOUP éloignés de tout ça. Je n’ai fait que continuer dans ce style de
vie, travailler dur et m’amuser à fond. Si vous pensez aux autres "grands
manitous" de Norvège et bien je n’ai aucun contact avec eux, je pense
qu’ils ont pris les deux chemins, soit drogués soit sains. Je me contente de
continuer, boire certains jours mais c’est tout. Tout le monde devrait faire ce
qu’il souhaite s’il le peut, et représenter le Satanisme en étant une personne
brillante. Ou sinon ils ont raté le Satanisme.
P.M. : Dans votre discographie, il
y a selon nous un opus relativement sous-estimé, le très froid "Plaguewielder". Cet album sentant
bon la pierre exprime quelque chose de très puissant.
A-t-il une place particulière à
tes yeux ?
Fenriz : Ce
n’est pas mon préféré, je n’y étais pas plus impliqué qu’une seule chanson
comme pour "Ravishing Grimness",
donc je ne peux pas en dire grand chose. Je me suis occupé de Darkthrone en 93
et 94 et Ted s’en est occupé pendant 98-2001.
III. Spying
on the wolf…
P.M. : Marqués par le film "Until The Light Takes Us", tu en es
le personnage presque principal, évoluant dans toutes les facettes du film.
Quelle a été ta première
réaction en regardant le résultat fini ? Est-ce que ce côté complètement
franc, vivant dans ton environnement… est juste ?
Fenriz
: Je ne l’ai jamais vu. Je sais que c’est dur de me croire,
mais je ne l’ai pas vu. Il a été tourné il y a plus de dix ans maintenant, et
j’ai déjà des problèmes à lire une de mes interviews vieille de 3 mois (je
l’avais déjà remarqué après mes premières interviews en 1988, c’est comme si je
me développais vite et je déteste l’ancien moi, même le "moi" d’il y
a 3 mois). Et donc je ne veux même pas le voir, également à cause de ça.
P.M. : Ce film révèle le côté
animal, naturel, violent et profond du black metal (c’est le seul du genre que
nous connaissons soit-dit en passant).
Penses-tu... que cette
expression puisse se révéler être un réel courant artistique (à l’image des
actionnistes viennois, du mouvement Dada… de tonnes de courants contemporains
qui ont précédé le black metal) ?
Fenriz
: Non, je pense que le black metal est à la fois de l’art ET est capable de se
déchainer et de s’amuser. Et dans le black metal il y a TOUJOURS eu les deux
aspects, depuis Venom/Hellhammer. Ca concerne aussi le fait d’être une personne
brillante avec qui trainer, et si ça devient trop artistique et auto pompeux OU
trop festif (salut addiction à la drogue) et bien il s’agit juste d’une
ponction sur ceux qui sont ou ETAIENT tes amis et potes. Donc tu veux ici
parler du milieu de la route, et ceux qui n’ont pas eu le feeling dans leurs
tripes pour tout ça doivent probablement échouer dans d’autres genres musicaux
ou "arts". Mais je n’ai pas d’opinion très assurée sur le sujet, ne
lisez pas cette réponse comme une bible ou quoi que ce soit, ha ha.
P.M. : Je n’ai pas pu m’entretenir
avec Bjarne Melgaard. Que penses-tu de son travail ?
Qu’est-ce que ça te fait de voir l’imagerie black metal dans des musées ?
Qu’est-ce que ça te fait de voir l’imagerie black metal dans des musées ?
Fenriz
: Les gens me disent que je suis exposé sur le mur du musée d’art moderne en
centre-ville d’Oslo sur la baie, mais je ne suis jamais rentré dedans. Mais
l’extérieur est agréable avec une pelouse et on peut aussi s’y baigner. C’est
un peu là où j’en suis actuellement dans ma vie, hé hé.
P.M. : Tu es un observateur attentif de
la scène underground (en étant par exemple le premier à découvrir Ghost),
matérialisé par ton site Band of the week.
Quel groupe est
ta plus récente découverte ? Y a-t-il d’ailleurs des groupes français t’ayant
marqué ?
Fenriz : Oui, il y a des groupes français dans les cryptes
de Band of the week mais pas tant que
ça. Je préfère les vieux groupes français de metal comme TROP FEROSS,
SORTILEGE, H-BOM, ADX, BLASPHEME, TRUST, VULCAIN etc etc… oui, je fais partie
de CES gars-là. Mais en ce moment, à la fois Ted et moi aimons vraiment les
deux premiers albums d’ANTAEUS. Ma plus récente excellente découverte est
RANGER de Finlande, jouant un solide speed metal qui thrashe. Un peu comme la
démo de Whiplash avec un peu de la folie heavy metal d’Exciter et probablement
le feeling de la démo de Fantom Warrior. Un speed metal de fou avec le son
JUSTE. Certains font du speed metal avec une grosse caisse qui claque, qu’ils
aillent se faire foutre, ça détruit l’esprit du speed metal.
P.M. : Terminons sur une question
improbable : quel est l’album le moins metal et le plus atypique de ta
discothèque (par rapport à comment les mélomanes te perçoivent en tant que
co-créateur de Darkthrone…) et dont tu pourrais avoir honte ?
Fenriz
: Tu veux dire un plaisir coupable. J’en ai des tonnes. Nous nous sommes
TOUJOURS encouragés à être libres et à écouter ce qui nous plait, opposés à se
contenter de suivre les modes du metal et finir par écouter du mauvais metal.
Mieux vaut écouter des trucs bizarres ou des trucs directs plutôt que du
MAUVAIS metal. J’étais l’autre jour avec Kenneth du magasin Neseblod pour aller
en Suède acheter du tabac et il m’a confié un de ces plaisirs coupables. Puis
dans le magasin de tabac la radio passait du Sophie Ellis-Bextor et il m’a dit
qu’il avait et aimait l’album (celui avec Murder
on the dance floor). A part ça ce n’est PAS un secret que mon groupe
préféré est B-52s (Love shack est
leur plus mauvaise chanson, au passage, et malheureusement leur plus gros hit).
P.M. : En aparté, ton projet
Isengard est-il définitivement enterré ?
Fenriz
: Rien n’est définitif en ce monde.
P.M. : Si nous te disons que le
riff de Valkyrie est taillé pour être
repris en live, reviendrais-tu sur ta décision de ne plus faire de scène ?
Fenriz
: Il ne faut jamais dire jamais, mais il est impossible de
chanter tout en jouant de la batterie. Et mon instrument préféré est la basse.
Ce serait très compliqué de me cloner pour créer un chanteur, un batteur ET un
bassiste. Et je n’aime pas les mercenaires, les groupes font toujours appel à
une aide ponctuelle et ce n’est pas cool. Par ailleurs je ne me suis jamais vu
sur scène ou en tournée, même étant gosse. Ca n’a jamais été mon rêve. Mon rêve
était d’enregistrer des albums !!!
P.M. : Pour achever cette
interview, nous te proposons de te laisser totalement le champ libre.
Qu’aimerais-tu nous dire pour conclure ?
Fenriz
: Vous faire écouter HOUR OF 13 ! Excellent groupe. Et acclamons la scène metal
de KOLBOTN !
P.M. : Merci pour le temps que tu
nous auras accordé pour cette interview, en souhaitant que nous échangions dans
un futur proche.
Après un tel accès de
sincérité, nous restons quelque peu sonnés mais par ailleurs touchés par un
propos entier et assez peu classique pour une interview.
Nous remercions chaleureusement Roger ainsi
qu’évidemment Fenriz pour
l’honnêteté de sa démarche…
Fenriz… confessions of the Wolf
(by Vlad Tepes / Gwenn / Bloodhound)
Here it is the English Version :
So three ghosts got out
from the fog – Vlad, Gwenn and Bloodhound – to meet the wolf Fenriz. He talks us about the past and
present of the enigmatic Darkthrone…
I think you are right about
the album being a retrospective, but it was never meant to be, as we don’t talk
about our songs beforehand or after and we make no plans. Whatever happens
happens, to quote Griffin LP from 1972 (rare).
(by Vlad Tepes / Gwenn / Bloodhound)
Here it is the English Version :
Darkthrone stands as one of the major band in black metal, and
in fact Norwegian black metal, having sealed it eternally. Everyone agrees with
that. But Darkthrone is also a free
musical entity, exploring and re-exploring itself : there is a perpetual
dynamic in it, and this is not the last album "The Underground Resistance" that will claim otherwise.
I. Join the resistance…
Psychopathia
Melomania : Everyone has access now to the new Darkthrone
album, "The Underground Resistance".
As you must know it was long-awaited for the reasons we all know (popularity,
originality, history of the band…). We’re curious to know how you now work both
with Nocturno Culto. In one hand naturally with feeling as we’d expected to
read ; or in second hand linked to your whole carrier ?
Our question is the
following one : what means this album to you and especially its title ?
Fenriz : We
work VERY separately. We only meet (when we have one song ready each) to set up
the studio and learn the songs quickly and immediately start to record. The
next day I go home and Ted (Editor’s
note : aka Nocturno Culto) goes to his home and eventually start mixing
and recording his bass and vocals. So we have done it since 2005. So the last
albums are round-ups of a bunch of singles, so to speak, when they have reached
the total length of 37-42 minutes. So we work VERY differently from most other
bands, these last 5 albums.
The title has been explained in almost every one of
the 91 interviews done so far for the album : the underground resistance is
those who fight the fight of the days when instruments were allowed to sound
like the actual instruments, the bass is in the bass drum and not removed like
in most modern metal recordings since late 80’s and so on. And those who always
remember the roots of heavy metal and those who have the underground attitude –
meaning obsessed by the music instead of mindless consumerism. Those who SEARCH
almost always end up in the underground and acquire underground mentality.
P.M. : The reference to
Celtic Frost is pretty obvious on Come
Warfare, The Entire Doom. However it is the multiplicity of influences
which struck us on the new album. It seems to work as a sort of retrospective
of everything that made you walk so far… from Bathory to Satyricon, from thrash
to folk, from Candlemass to Storm. The song Valkyrie
is also very meaningful in this regard with the nostalgia that emerges from.
Musical maturity
from Darkthrone is such that we feel that you and Nocturno Culto play each note
as you breathe : is it a sign of the end of your carrier and if not… will
Darkthrone continue his artistic development ?
Fenriz : Is
that a lyrical reference ? It’s Ted’s song but I can’t hear any Celtic Frost
influence there, however two of the riffs in Leave no cross unturned are very much 1985 and 1984 Celtic Frost
style. We almost always had Celtic riffs, it’s one of the bands that made me
start my own band back in Xmas 1986 ! Down the line Satyricon also started
doing that, but I think that was mostly 00s Satyricon, I don’t listen to that
band anymore. I can hear absolutely NO Bathory on the last Darkthrone albums,
but if you can hear it then it’s good for you, hehe ! The start of Come warfare is very much first Candlemass
album riff, at least in my ears. When it comes to my songs, I have explained
what I think : they are influenced by very closely in the album booklet, when
it comes to Valkyrie the refrain came
to me in spring 2010. The first notes, first riff, came into my head in
September 2011 and then I had to re-arrange it because in my head it sounded
like The ides of march by Iron Maiden
1981 so I put some acoustic guitar idea instead and a rhythm guitar drive
reminiscent of Gypsy by Uriah Heep
1970. Then the verse riff had to be written and that was more general Scandi
speed metal ala early 80’s style. Vocal lines too, I improvise a lot in verses
but I want to make the beautiful kinda speed metal from that age, so…
II. In
blackness we trust…
P.M. : With your
numerous style changing, we can say that Darkthrone has put at risk his
audience. And your recent evolution (from "The cult is alive" album) has sometimes been lived violently
by some people.
What do you think
about those that don’t recognize Darkthrone anymore, and those that could
disown filiations between for example "Under
a funeral moon" and "Circle
the wagons" ?
Fenriz : We
have taken MAXIMUM risk many times in our career. But that depends on how you
look at it. We make what we want and need to make. If we didn’t do that, we
would risk our INTEGRITY instead. Maybe just make something we knew would
please an audience and make safe cash. Fuck that. The disowning of Darkthrone
started to come to my attention already after we changed from death metal in 91
and mostly already when I started doing many interviews again in 98 and 99,
when people said only up to "Transilvanian
Hunger" was good. We started free styling already on "Hate Them" in 2002, I think what
happened when we got our own portable studio in 2005 just spurred that onwards.
I think we have always changed, I think the difference of "A Blaze in the Northern Sky",
"Under a Funeral Moon" and
"Transilvanian Hunger" is
also very clear but some people, when viewing us from the outside (only we know
how the inside of the Darkthrone cabin looks like, the others watch from
outside and we try to explain the interior) can’t seem to see the changes.. or
they see it in albums, not in songs. But for us it always changes, we don’t
think in albums that much, it’s just song by song for us. The people can think
what they want, just like we think what we want. We have fans of all styles we
ever did.
P.M. : From “A Blaze in the Northern Sky” to “Transilvanian Hunger”, there is a will
to deconstruct from one side the production, and the other side the
compositions themselves by getting them simpler. We feel like getting back to
the same will present from "The cult
is alive" to "Circle the
wagons"/"The underground
resistance".
Despite the fact
that we talk about two very different periods, is there such same dynamics ?
Could we see there a permanent quest of going back to the roots ?
Fenriz : It’s
more like we grew up in the 70’s and so we heard lots of late 60’s and 70’s
heavy sounds and at the same time the more metalized 80’s. We also like newer
bands playing those styles. Within those years there are lots of styles to be
played and we always seem to be shifting between them. Let’s say that I have
done lots of Hellhammer 1983 riffs and now I do lots of 1983 heavy/speed metal,
end result is very different but it’s still 1983 style !! So this is our
hunting grounds, seemingly endless inspirations come from these times. And
always some old bands to discover, or new bands playing that old style. As we
don’t discuss, just make, we are not really TRYING to do anything, so any
deconstruction is coincidental and up to you and others to analyze. But I
realize it must be grueling that we never discuss or plan these things, we are
just winging it all the way. Heart feeling and gut feeling, I guess.
When it comes to back to the roots in my songs, I can
sow different styles together better now than in 1988, so it all works better
now. Back then I had various ideas, I liked the same notes like now. Both grim
and beautiful, but I was obviously worse at combining those elements, I was inexperienced
and just a kid too. In 1989 I had to let my style go and include the others,
and that made a better band. Then so many things changed over the years and I
could baby step my way back to 1988 with new angles on these last albums.
P.M. : Darkthrone slipped from
death metal to black metal (which introduced the notion of "True Norwegian Black Metal"), which was the cause of a true cult of
your personality along with Nocturno Culto.
Are you tired of such a "living legend" status which has
completely changed from (paradoxically in regard of its title…) "The cult is alive" ?
Fenriz : Well, I come from the 80’s
when black metal wasn’t streamlined or pigeonholed and so Mercyful Fate was
also black metal along with Bathory and others... so there are still parts of
new Darkthrone that has BM feel to it. And so we are still there, in a way.
That status is just one of my
statuses, there are no 100% things in this world. Many people like to dream
about 100% things. But it’s not realistic. We are complicated as humans, and
personalities over the years get more ROOMS to bask in. And I bask in quite a
few. Being regarded as JUST that « BM FENRIZ » is both wrong and
unrealistic but still a lot of people want you to be just that. It’s not fair,
and I don’t really know why humans out there cling to simple ideas like that
when they know that themselves – they are also just not ONE thing. But that’s
the media often doing that, when you put yourself as public person people like
to think of you as THAT guy – being only THAT. So it’s the price of actually
making something in this world. Crazy. Paradoxal. Ironic.
P.M. : The triptych "A Blaze in the Northern Sky"/"Under a Funeral Moon"/"Transilvanian Hunger" is considered
by a lot of people as the most cult part of your rich discography, an ultimate
reference a hundred times plagiarized, but without equal until now.
Is there today any
band that has managed to capture the essence of your art and in some way has
picked up the torch ?
Fenriz : Many
all the time, but as I said those albums are very different. "Transilvanian Hunger" monotone,
"Under a Funeral Moon" our
only “total” black metal album with mainly 80’s influences and also "Live in Leipzig" influences (we got
it on tape as soon as they played there, the LP came years later). And "A Blaze…" has half of the album
death metal songs that are “blackened up” because of little time to write a
whole BM album.
So there are so many bands. I always thought that
TANGORODRIM was the best one to GET the Darkthrone BM essence, also RUST from Sweden
“Damned hellish voids” LP is great,
but also has a lot of Aura Noir… and then NECROHELL from Greece are great at
our sound but has less of the rawness and more of the "Transilvanian Hunger" feel maybe.
All of these bands of course have ORGANIC sound like also we have.
P.M. : We noticed that
many of the people and artists working hard around black metal have nearby a
very healthy lifestyle (we mean : no drugs, no alcohol, and in many case have a
family and work).
Would you say such
thing for you ?
Fenriz : I
always thought it would be about the opposite, of course work hard but also
play hard. Our BM period together with Zephyrous was total also and hash runs.
But it only lasted for a couple of years, late 90’s till mid-late 92, then Ted
and Zeph moved FAR away from it all. I just continued that lifestyle, work hard
play hard. If you think about the other “big shots” of Norway then I have no
contact with them, I think they went both ways, either drugged up or healthy. I
just continue, drink a couple a days a week and that’s it now. Everyone should
just do what they want if they can, and to represent Satanism by being a
brilliant person. Or else they fail Satanism.
P.M. : In your
discography, there is according to us the very cold and unappreciated "Plaguewielder". This album smells
like old stone and expresses something very strong.
Has it a special
place for you ?
Fenriz : Not my favorite, I
wasn’t involved with more than just one song on that and "Ravishing Grimness", so there is
not much I can say about it. I took care of Darkthrone in 93 and 94 and Ted
took care of it in 98-2001.
III. Spying
on the wolf…
P.M. : Printed by the
movie "Until The Light Takes Us",
you were like the main character in it, operating in all aspects.
What was your first
reaction when looking at the final result ? Is this side of yourself completely
honest… right ?
Fenriz : I
never saw it. I know it’s hard to believe me, but I didn’t. It was filmed over
ten years ago too, and I have problems just reading a 3 months old interview
with myself (I noticed this already after my first interviews in 1988, it’s
like I develop fast and I hate the old me, even the “me” that is only 3 months
ago). So I don’t even want to see it, also because of this fact.
P.M. : The movie
reveals the animal, natural, deep and violent side of black metal (this is the
only one of this kind that we know by the way).
Do you think that
such an expression could be affiliate to a famous artistic movement (like the
Viennese actionists, the Dada movement… tons of contemporary trends that
preceded black metal) ? Clearly, is black metal art ?
Fenriz : No,
I think black metal is both art AND be able to ROCK OUT and party. And in black
metal there has ALWAYS been both ways, since Venom/Hellhammer. It is also about
being brilliant person to hang with, and if it gets too arty and self pompous
OR too much party (hello drug addiction) then it’s just a drain on those who
are or WERE your friends and buddies. So you wanna talk the middle road here,
and those who haven’t got the gut feeling for it all would probably also fail
in other types of music or “arts”. But I don’t have a super strong opinion
about this, don’t read this answer like a bible or something, haha.
P.M. : I’ve been not
able to talk with Bjarne Melgaard.
What do you think
about his work ? What do you feel by seeing black metal represented in museums
?
Fenriz : People
tell me I am hanging on the wall in the new art museum downtown Oslo by the
bay, but I didn’t go inside. But the outside is pleasant with a lawn and one
can also swim there. THAT is kind of where I am in life right now, hehe.
P.M. : You’re a mindful observant of the underground scene (and were for
example the first one revealing Ghost), which is materialized in your website Band of the week.
Which band is your most recent discovery ? Were there French bands that
impressed you ?
Fenriz : Yeah,
there are French bands in the Band of the
week vaults but not very many. I prefer the old French metal bands like
TROP FEROSS, SORTILEGE, H-BOM, ADX, BLASPHEME, TRUST, VULCAIN etc etc… yeah, I
am one of THOSE guys. But actually, both Ted and me really like the two first
ANTAEUS albums. Most recent discovery that is VERY good is RANGER from Finland,
playing tough speed metal that thrashes. Like Whiplash demo with some Exciter
heavy metal maniac and maybe Fantom Warrior demo vibes. Maniacal speed metal
with the RIGHT sound. Some people are making speed metal with clicky bass drums
these days, fuck them, they destroy the speed metal feeling.
P.M. : Which is the
less metal and the most atypical album of your collection (compared to how
music lovers perceive you as the co-creator of Darkthrone…) and eventually you
should be ashamed ?
Fenriz : You
mean a guilty pleasure. I have tons. We were ALWAYS encouraging each other to
be free and listen to what we want, as opposed to just follow metal trends and
end up listening to lame metal. Better to listen to weird stuff or straight
stuff than BAD metal. I was with Kenneth from the Neseblod store to Sweden to
buy mouth tobacco the other day and he told me one of his guilty pleasures.
Then in the tobacco store the radio was playing Sophie Ellis-Bextor and I told
him I had the album and liked it (the one with Murder on the dance floor on it). Apart from that there is NO
secret that my fave band is B-52s (Love
shack is their worst song, btw, but unfortunately their biggest hit).
P.M. : Besides, is your
side-project Isengard definitely buried ?
Fenriz : Nothing
is definitely in this world.
P.M. : If we tell you
that the riff from Valkyrie seems
built to be sung live, could you make U-turn of never playing on stage ?
Fenriz : Never
say never, but it’s impossible to sing that while playing drums. And my fave
instrument is bass. It would be hard to clone me to make a singer, drummer AND
bass player. And I don’t like hired guns, bands always use hire help and that’s
not so cool. And also I never saw myself on stage or touring as a kid, even. It
was never my dream. My dream was to record albums !!!
P.M. : Now, we give you
free hands. What do you want to tell us to achieve this interview ?
Fenriz : Make
you listen to HOUR OF 13 ! Great band. And hail KOLBOTN metal scene !
P.M. : Thanks a lot
Fenriz for the precious time that you gave us for this interview, hoping that
we’ll exchange in a near future.
Leave no interview untuuurneeed !!
Leave no interview untuuurneeed !!
After such fit of
sincerity, we stand like knocked-out and otherwise moved by words full of
integrity and pretty unconventional for an interview.
Our deepest thanks goes to
Roger and needless to say Fenriz for
the truthfulness of his approach…
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire