Opeth / Alcest
Mikael m’a tuER…
(par Dökkalfar)
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"Pale Communion" tour.
Moment : 05/11/14.
Lieu : Le Bataclan (Paris 11ème).
Moment : 05/11/14.
Lieu : Le Bataclan (Paris 11ème).
Quel
soulagement de pouvoir enfin voir Opeth
cette année après les avoir ratés deux fois, d’abord dans cette même salle du Bataclan,
puis au Hellfest où ils ont toujours la bonne idée de jouer le dimanche soir à
1h du matin. Je ne vais pas vous le cacher plus longtemps, mais les Suédois
étant mon groupe préféré, je vais avoir un peu de mal à être parfaitement
objectif dans ce live-report, donc ne m’en voulez pas. En plus, c’est ma
première fois dans cette prestigieuse salle parisienne dont on m’a dit le plus
grand bien. L’annonce de cette soirée avait donc toutes les qualités pour
m’emballer d’avance. Autre réjouissance anticipée, Opeth est accompagné des Français d’Alcest sur leur tournée européenne, et je suis curieux de voir ce
que cet éminemment respectable combo francilien, que je n’ai jamais vu sur
scène, a à offrir au cours d’un concert.
J’approche
donc de la salle après avoir galéré pour trouver une place de parking. Il est
près de 19h, les portes vont bientôt s’ouvrir et il y a déjà une très longue
queue de fans dans la rue du Bataclan ainsi que dans sa perpendiculaire. Avec
un air un peu dépité je m’y insère, espérant pouvoir tout de même trouver une
place proche de la scène. Le temps passe, ça avance lentement, très lentement,
et ce n’est qu’un quart d’heure avant le début du set d’Alcest que je parviens à pénétrer dans cette sublime salle après
checkpoint et récupération du pass photo. Quelques clichés pour faire des
essais de lumière, puis je me rends à l’entrée du pit-photo quelques instants
avant que les Français n’arrivent.
Faisant
partie de ces quelques rares groupes français à être signés sur le label
allemand Prophecy Productions. Je
réalise au moment où j’écris ces lignes qu’Alcest
existe depuis 1999, alors qu’il s’est passé près de 10 ans avant qu’ils ne
sortent "Souvenirs d'un autre monde"
et que leur succès commence peu à peu à monter. Aujourd’hui duo respecté, en
France comme à l’étranger grâce au très bon travail de leur label, les deux Parisiens
sont parvenus à opérer une jolie transition dans leur style musical, passant
d’un post-black metal à un post-rock/shoegaze. Au passage, j’aimerais noter la
cohérence du label Prophecy Productions
dans les groupes signés, entre black/gothic, folk, ambient, acoustic, de Falkenbach à The Vision Bleak, en passant par Dornenreich. Alors quand on écoute un peu Alcest, on réalise qu’ils ont tout à fait leur place au milieu de
ces groupes délicieux. Mais revenons au concert en lui-même.
Le duo
Neige et Winterhalter arrive sur scène, et est comme à son habitude accompagné
de Zéro à la guitare et d’Indria à la basse. C’est parti pour 45 minutes
d’enchantement dans un Bataclan plein comme un œuf. Une arrivée des plus sobres, à l’image de
leur musique ; c’est vêtu d’un joli
t-shirt de Chelsea Wolfe que Neige
accompagné de son combo commence sa set-list par le duo Wings/Opale. Ce dernier, qui pourrait très bien être chanté par un
groupe comme M83 donne le ton d’une
série de morceaux qui s’annonce toute en légèreté, mais sans renier leur
héritage black métal avec le sublime Là
Où Naissent Les Couleurs Nouvelles, issu des "Voyages de l’Ame". Entre les morceaux, Neige est peu bavard,
mais est visiblement content d’être là et ravi d’avoir pu accompagner Opeth pour sa tournée européenne. En
continuant dans les "Voyage de l’Ame",
c’est le très « anathemien » Autre
Temps qui est proposé, single qui a permis à pas mal d’entre nous – moi y
compris – de découvrir véritablement le groupe.
Le son n’est pas totalement parfait, la voix de Neige est un poil trop
en retrait pour parfaitement l’entendre de là où je me situe, mais l’ambiance
créée par le groupe est assez magique. Et je réalise que c’est au final mon
premier vrai concert de post-rock à Paris. Post-rock qui se confirme avec L'Eveil Des Muses issu de leur dernier
album "Shelter", avant le
morceau le plus post-black métal Percées
de lumière, de leur second album "Ecailles
de Lune". La prestation des Français se conclura par cette très longue
pièce de 10 minutes qu’est Delivrance
(issue de "Shelter") ;
et chose amusante (et que mon esprit facétieux suppose volontaire), c’est
également par Deliverance qu’Opeth terminera également sa set-list,
mais nous verrons ça dans la seconde partie du live-report.
Nous
voilà arrivés à la fin du concert d’Alcest,
45 minutes de douceur offertes avec brio par Neige et ses acolytes. Alors
certes le groupe n’est pas le plus démonstratif du monde (et leur attitude est
à mes yeux totalement cohérente avec la musique qu’ils produisent), et ils ont
le mérite d’explorer des contrées sonores souvent boudées par bons nombres de
metalheads. Ils parviennent cependant à nous transporter dans leur univers,
pour peu que l’on accepte de prendre un peu de recul, s’ouvrir l’esprit et
fermer les yeux. Ce soir, la mission a été accomplie avec brio.
Set-list
Alcest :
1) Wings
2) Opale
3) Là où naissent les couleurs nouvelles
4) Autre temps
5) L'éveil des muses
6) Percées de lumière
7) Délivrance
Dire
que j’attendais de revoir Opeth avec
impatience est bien plus qu’un euphémisme ; c’était d’ailleurs une des
dates de cette fin d’année que j’attendais le plus. Après les avoir ratés deux
fois ces derniers mois, une date parisienne pour l’anniversaire de "Blackwater Park", c’est plus que
motivé que je me prépare à revoir mon groupe préféré, avec en plus l’accès au
pit-photo qui permettra ENFIN d’avoir de bonnes photos des Suédois, même si
nous serons limités à deux morceaux.
Une
arrivée du groupe discrète mais hautement acclamée par le public, avec en fond
un sublime décor reprenant le thème de leur album "Pale Communion", c’est d’ailleurs par Eternal Rains Will Come, issu de cet album, que le bal est
ouvert ; puis le single Cusp of
Eternity qui définitivement rend vraiment bien en live. A ce moment-là,
soit on a un peu triché comme moi et donc on sait qu’on va avoir droit à un
véritable best-of du groupe, soit on se demande si Mike va jouer des morceaux à
voix death (ce dernier ayant plus ou moins sous-entendu qu’il cesserait de
faire du metal). Mais l’arrivée de Bleak
va rassurer les plus sceptiques quant aux capacités vocales du sieur Akerfeldt.
C’est aussi à ce moment-là que les imposants membres du service de sécurité
nous font signe de quitter le pit-photo. Mais je parviens tout de même à
capturer Mike en train de « growler » in extremis avant de retrouver
la fosse. Malheureusement, des basses un peu trop puissantes brouillent un peu
les parties vocales, et ce sera le seul petit problème de son que je déplorerai
ce soir… mais c’est vraiment pour chipoter.
C’est à
la fin de Bleak que la partie
« comedy club » de Mike avec son humour si flegmatique commence. Les
blagues et anecdotes fusent après les traditionnels remerciements, moment
toujours très attendu par le public. Et même si le groupe est avant tout aimé
pour sa musique, la bonne humeur et la simplicité qu’ils dégagent (à l’image
d’un groupe comme Enslaved
notamment) y contribue largement, à la différence de groupes qui se prennent
totalement au sérieux.
Après
cet interlude, c’est l’album "Still
Life" qui est mis à l’honneur avec cette longue pièce qu’est The Moor, qui est pour ma part le premier
album du groupe que j’ai acheté. Le public du théâtre, bien que relativement
statique, semble prendre son pied (preuve que cela est possible), mais
l’important service de sécurité n’a pour ainsi dire rien à faire ce soir face à
tant de discipline. Le public, connaisseur et attentif, sait se tenir et
continue d’headbanguer tranquillement lorsqu’Advent – issu de "Morningrise"
– se lance ; morceau qui permet de confirmer, si ça n’a pas été déjà fait
un millier de fois, que Martin Mendes, malgré sa grande discrétion, sait faire
ronronner sa basse. Ces deux pièces terminées, c’est à un petit moment de grâce
semi-acoustique auquel nous allons assister ; tout d’abord grâce à Elysian Woes (issu de "Pale Communion") qui fait vraiment
penser à For Absent Friends,
interlude de l’album "Deliverance",
puis le merveilleux Windowpane (issu
de l’album "Damnation", qui
a une saveur particulière car c’est lors de cette tournée que j’ai vu pour la
première fois le groupe sur scène. Alors même si j’aurais préféré In My Time of Need ou To Rid The Disease, je ne boude pas du
tout mon plaisir. C’est enfin le single The
Devil’s Orchard qui terminera cet intermède de metal plus soft. J’avoue, "Heritage" n’est pas, comme
beaucoup, mon album préféré, mais force est de constater qu’il a été écrit pour
le live, et je suis plus que conquis par cette retranscription scénique.
April Ethereal, tiré
de "My Arms Your Hearse",
initiera un retour à des morceaux de vrai death metal progressif, puis The Lotus Eater (issu de "Watershed"), sorte de
morceau-témoin de tout le savoir-faire d’Opeth,
tant techniquement que mélodiquement et dans capacité à transmettre des
émotions. Le best-of continuera avec le cultissime The Grand Conjuration (issu de "Ghost Reveries" qui avait marqué leur changement de label,
étant depuis chez Roadrunner) morceau sur lequel Joakim Svalverg (claviers)
aura l’occasion de se déchainer sur ses bongos ; album qui n’est pas mon
préféré mais qui offre son lot de formidables morceaux. On en a pris plein les
yeux et les oreilles avec un light-show bien moins agressif que dans d’autres
salles parisiennes. Et c’est déjà l’heure du rappel, rappel qui comme je l’ai
dit précédemment, sera composé de l’hypnotique Deliverance, juste après la présentation des membres du groupe
durant laquelle Mikael ne peut s’empêcher de taquiner ses collègues.
Après
près de deux heures d’une prestation quasi-parfaite, c’est dur de trouver
quelque chose à redire. On vient d’assister à un grand moment de musique et on
pourrait aisément trouver une série de qualificatifs pour exprimer la claque
que nous venons de prendre. On ne peut être qu’admiratif devant tant de
technique et d’humilité et on comprend pourquoi quasi toutes les dates du groupe
sont sold-out à chaque fois. Merci au Bataclan de nous avoir offert un tel
spectacle !
Set-list Opeth :
1) Eternal Rains
Will Come
2) Cusp of
Eternity
3) Bleak
4) The Moor
5) Advent
6) Elysian Woes
7) Windowpane
8) The Devil's
Orchard
9) April
Ethereal
10) The Lotus
Eater
11) The Grand
Conjuration
Encore :
12) Deliverance
Novembre
2014,
Rédigé par
Dökkalfar.
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